À chaque fois que je prends l’avion, j’achète un magazine à l’aéroport de Montréal. Le choix est vaste et c’est tant mieux. Cela fait partie de mon rituel avant de prendre l’avion. Ce magazine deviendra ma béquille au décollage et à l’atterrissage. Parce que je suis du genre à avoir une peur bleue de l’avion à ces deux moments précis qui sont, paraît-il, les plus cruciaux en matière de sécurité. En d’autres termes : les crashs ont lieu surtout à ces deux moments-là. Oh! mon Dieu!
Quand le commandant allume les moteurs et annonce qu’il s’apprête à décoller, j’empoigne mon magazine, je le feuillette avec la plus grande concentration possible en ayant en tête que je dois me concentrer sur le décollage. Le commandant, malgré ses assistants et toute l’expertise qu’il possède, malgré les dizaines d’ordinateur à bord a besoin de moi. Me voilà donc en pensée aux commandes du bel oiseau blanc, avec comme volant mon magazine que j’agrippe à pleines mains. Ce n’est que lorsque le voyant des ceintures de sécurité s’éteint que je respire enfin! Me voilà tout à fait détendue pour les six prochaines heures de vol. Je dirais même qu’il n’y a pas plus détendue que moi! Mais lorsque le commandant entame ses procédures d’approche en vue de l’atterrissage, quand on l’impression qu’il coupe les moteurs et qu’on ne les entend presque plus, là la chamade reprend. Et c’est là que mon magazine intervient et que je reprends les commandes de l’avion. Vous dire la joie intérieure que j’ai quand l’avion s’immobilise complètement, ça ne se dit pas!
Ouf! tout ça pour dire que la dernière fois que je suis allée en Europe, en novembre dernier, au lieu d’acheter mon traditionnel Paris Match, histoire de me mettre au parfum des potins de la ville lumière, je me suis procuré le magazine Delicious qui s’intéresse à la cuisine anglaise. La recette que je vous présente aujourd’hui est justement issue de cette publication.
C’est Hugh Fearnley-Whittingstall, un journaliste culinaire bien connu au Royaume-Uni, qui y propose cette belle salade végétarienne. L’idée de marier l’orge à la courge et au fenouil grillés m’a complètement séduite. Cette salade, à laquelle j’ai ajouté quelques pétales de tomates séchées, se mange chaude ou froide. Le lendemain, elle est tout aussi délicieuse si vous la faites réchauffer au micro-ondes. Juste avant le service, alors que la salade est encore chaude, on peut la saupoudrer d’un peu de fromage Parmigiano Reggiano. Elle accompagne à ravir le jambon ou le poisson.
Pour cette recette, j'ai utilisée une courge Hubbard bleue que j'ai achetée en octobre dernier. Cette courge est très difficile à couper, car sa peau est très épaisse. Pour me faciliter la tâche, je place la courge dans un sac de plastique et je la lance de toutes mes forces sur un plancher de béton pour la briser. Très efficace comme méthode, mais à faire seulement sur un plancher de ciment, comme un plancher de cave ou sur le trottoir ...entre chien et loup, histoire de ne pas se faire reconnaître ;-)
Salade d’orge à la courge, au fenouil et aux tomates séchées
4 à 6 portions
2 c. à soupe + 1 c. à thé + 1 c. à soupe d’huile d’olive
450 g de morceaux de 1,5 cm de courge Butternut ou de Hubbard bleue
450 g (2 fenouils de grosseur ordinaire ou 1 gros) de languettes de fenouil, taillées sur le long et dont le cœur aura été retiré
1 c. à thé d’ail haché ou 1 échalote sèche hachée, si vous n’aimez pas le goût de l’ail grillé
50 g de noix de Grenoble en demi-morceaux
200 g d’orge perlé ou d’épeautre perlé, rincé
2 c. à soupe de jus de citron
20 g de parmesan râpé Parmigiano Reggiano et un peu plus, si vous réchauffez la salade
4 tomates séchées hachées
une petite poignée de persil haché
sel et poivre du moulin
sel et poivre du moulin
Préchauffer le four à 375 degrés F (190 degrés C).
Dans un bol, déposer les morceaux de courge et verser 2 c. à soupe d’huile d’olive. Bien mélanger en veillant à ce que chaque morceau soit bien enrobé d’huile. Déposer les morceaux de courge sur une plaque allant au four. Saler et poivrer. Enfourner et cuire 15 minutes.
Entretemps, tailler le fenouil et le placer dans le bol avec l’ail haché (ou l’échalote sèche hachée). Ajouter 1 c. à thé d’huile et brasser.
Retirer la plaque du four. Retourner les morceaux de courge et les tasser tous d’un côté. Déposer les morceaux de fenouil en veillant à ce que chacun soit en contact avec la plaque. Cuire 20 minutes additionnelles.
Pendant ce temps, cuire l’orge ou l’épeautre selon les instructions inscrites sur l’emballage. L’orge devra cuire plus ou moins 30 minutes à grande eau. J’aime quand l’orge est légèrement al dente. Ne pas oublier de rincer l’orge ou l’épeautre avant la cuisson et après celle-ci au moyen d’un chinois.
Après les 20 minutes de cuisson, ouvrir la porte du four et répandre les noix sur le fenouil. Cuire encore pour 8 à 10 minutes. La cuisson est terminée lorsque que le fenouil est cuit tout en gardant une toute petite pointe de croquant.
Avant de procéder au montage de la salade, déposer le fenouil cuit et les morceaux de courge dans une assiette, comme sur la photo.
Dans un saladier, déposer l’orge chaud. Verser l’huile qui reste sur la plaque. Ajouter, dans l’ordre, le jus de citron, 1 c. à soupe d’huile d’olive, le fenouil, les noix, le parmesan râpé, les tomates séchées, le sel, le poivre, le persil et les morceaux de courge. Brasser délicatement. Rectifier l'assaisonnement, s'il y a lieu. Déposer sur la table un petit plat contenant du parmesan râpé pour les convives qui aimeraient en rajouter. Servir chaud ou à la température ambiante.










